17.12.2020 – Bruxelles

Mon intervention en session plénière à Bruxelles le 17 décembre 2020 sur le travail forcé et la situation des Ouïgours dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang.

« Madame la Présidente, nous les appelons «centres de détention», les autorités chinoises les appellent «centres de rééducation politique». Dans la région autonome du Xinjiang, ces camps d’internement sont en expansion. Des rapports considérés comme crédibles estiment que plus d’un million de Ouïgours sont détenus. De plus, des enquêtes rapportent que les Ouïgours sont forcés de travailler dans des chaînes de production de vêtements ou de produits technologiques.

En mars 2020, l’Australian Strategic Policy Institute dénonçait le fait que ces usines fournissent un grand nombre de marques, notamment des multinationales européennes. Ce même mois, je posais une question à la Commission, demandant si elle pouvait fournir des informations sur ce travail forcé et sur les entreprises impliquées, si des produits pouvaient être identifiés et surtout si certains étaient exportés vers l’Union européenne. Je demandais, enfin, si la Commission envisageait des mesures s’il s’avérait que de tels produits avaient pénétré le marché européen. Dans sa réponse, M. le haut représentant se dit préoccupé. Il dit avoir fait part de ses inquiétudes aux autorités chinoises – allégations rejetées par ces autorités – et vouloir continuer à aborder le sujet. Enfin, il dit avoir exhorté la Chine à autoriser des observateurs au Xinjiang. Vous comprendrez ma déception à la lecture de la réponse.

Toutefois, si les récents reportages diffusés sur nos chaînes nationales et autres médias ne mentent pas, la question qui se pose n’est plus de savoir si le marché européen est concerné, mais de savoir ce que va faire la Commission pour réagir face aux produits en lien avec le travail forcé sur nos marchés. Car il semble indéniable que nombre des masques fabriqués en Chine que nous portons ont été fabriqués dans le cadre du travail forcé, que la récolte du coton utilisé dans nombre de vêtements en vente en Europe a été faite avec du travail forcé. Donc, encore une fois, quelles mesures la Commission va-t-elle prendre en attendant de faire une proposition de législation sur le devoir de vigilance? Des réponses sont une demande pressante du Parlement européen. »