17.12.2020 – Bruxelles

Mon intervention en session plénière à Bruxelles le 17 décembre 2020 sur l’Iran, en particulier le cas de Nasrin Sotoudeh, lauréate du prix Sakharov 2012.

« Madame la Présidente, Nasrin Sotoudeh est de retour en prison. Son crime? Avoir défendu, en tant qu’avocate, le droit des femmes, des enfants, des minorités religieuses, des journalistes, des artistes devant les tribunaux iraniens. Les autorités iraniennes l’ont condamnée à 33 ans de prison et à 148 coups de fouet pour cette raison. Nous, Parlement européen, lui avons décerné le prix Sakharov 2012 pour ses combats.

Nasrin est une femme particulièrement courageuse et qui mérite que nous la soutenions, comme elle a soutenu ceux qui avaient besoin d’elle. Elle l’a fait au prix de sa liberté. Nous continuerons à la soutenir tant que les autorités iraniennes ne l’auront pas libérée.

Nasrin Sotoudeh s’est toujours engagée pour que la peine de mort ne soit pas prononcée, pour qu’elle ne soit pas mise en œuvre. Il y a à peine cinq jours, le journaliste Rouhollah Zam a été exécuté par pendaison. La décision de la Cour suprême iranienne avait été prise seulement quatre jours plus tôt, sur la base de charges douteuses et d’aveux extorqués de force. Rouhollah Zam avait obtenu l’asile politique en France et a été kidnappé sur le territoire iraquien pour être amené en Iran. L’exécution de Rouhollah Zam est une violation flagrante du droit international et des droits de l’homme.

Il y a aussi Ahmadreza Djalali, ce médecin irano-suédois, professeur d’université à Bruxelles et en Italie. Soumis à des menaces de mort à l’encontre de lui-même et de sa famille en Suède et en Iran, il a été accusé d’espionnage. Des confessions ont été extorquées sous la torture et il a été condamné à mort. Il attend son exécution imminente. Nous demandons l’intervention urgente de l’Union européenne et des États membres auprès des autorités iraniennes afin de libérer Ahmadreza Djalali.

J’ai nommé trois personnes, l’une emprisonnée, une autre exécutée, une autre dans le couloir de la mort. Pour ces trois-ci et pour beaucoup d’autres encore nommées dans notre résolution, combien d’anonymes, arrêtés par les autorités iraniennes pour avoir exprimé leur pensée, pour avoir défendu la liberté de pensée, pour avoir refusé de se soumettre, pour avoir simplement protégé une autre personne qui ne voulait pas entrer dans le moule imposé?

Nous condamnons dans les termes les plus forts les atteintes aux droits de l’homme en Iran, les détentions arbitraires à la suite de manifestations pacifiques, les détentions de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme. Nous demandons à ce que l’Iran respecte les droits des prisonniers, le droit à un procès équitable, le droit à choisir son avocat. Nous demandons la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, pacte auquel l’Iran est partie. Nous demandons simplement que l’Iran respecte les droits humains, la dignité humaine inhérente à tous les êtres humains, égale pour tous les hommes et toutes les femmes.

L’Union européenne doit œuvrer pour mettre en œuvre tous les moyens dont elle dispose pour convaincre et amener les autorités iraniennes à changer de pratiques. »

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