Strasbourg – 16.06.2026

« Madame la Présidente, Madame la Commissaire, la Turquie est un partenaire important de l’Union alliée au sein de l’OTAN, voisin, avec lequel nous coopérons sur le commerce, la sécurité et la migration. Une relation d’intérêt partagé dans un respect mutuel. Je salue sincèrement l’aspiration européenne de nos interlocuteurs turcs. Elle est réelle. Nous savons toutefois que, pour une partie d’entre eux, l’Europe est d’abord perçue à travers une perspective économique. Or, notre Union est avant tout une communauté de valeurs et c’est sur ce socle que repose une adhésion.
Mais ce n’est pas la voie que privilégient aujourd’hui les autorités gouvernementales. Au vu des évolutions récentes et de la situation non résolue de Chypre, les conditions d’une reprise des négociations qui sont à l’arrêt depuis 2018, ne sont tout simplement pas réunies. Regardons les faits. Les congrès du CHP annulés, le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu emprisonné, Osman Kavala détenu au mépris de la Cour européenne des droits de l’homme, une presse intimidée, le retrait de la convention d’Istanbul, ce ne sont pas des incidents, c’est une trajectoire. Oui au dialogue, oui à un partenariat exigeant. Mais l’aspiration européenne devra, elle, se traduire en actes, fidèles aux valeurs de nos démocraties libérales. Je vous remercie et remercie également la bonne collaboration avec le rapporteur, M. Sánchez Amor. »