Strasbourg – 06.05.2025

« Monsieur le Président, Madame la Commissaire, la Turquie est un pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne. La Turquie a choisi d’être candidate. C’est donc en tant que telle que nous nous adressons à elle.
Notre première préoccupation, ce sont par conséquent les valeurs sur lesquelles l’Union européenne est fondée: la démocratie, l’état de droit. Or, la situation de la démocratie en Turquie est plus que préoccupante. Quand l’indépendance de la justice est bafouée, quand le principal opposant au gouvernement en place et maire d’Istanbul est mis en prison, nous nous posons légitimement des questions sur l’espace laissé à la démocratie, et je n’ai là évoqué que l’exemple le plus emblématique. Nous devons aussi considérer tous les autres élus locaux qui ont été écartés par le pouvoir.
Au-delà des responsables politiques, c’est aussi la société civile qui est restreinte dans son action. Et puis il y a la situation des journalistes. L’indépendance et la liberté de la presse sont indispensables à toute société démocratique. Or, les journalistes ne peuvent pas librement exercer leur métier en Turquie et, surtout, ils sont nombreux à être arrêtés – situation alarmante.
Ces limitations de l’espace démocratique vont à l’encontre des aspirations d’une large part de la population turque à rejoindre l’Union européenne. Cet attachement, nous y restons sensibles. Nous n’ignorons pas ce désir d’Europe, mais les développements récents vont encore dans le sens contraire à ce qui est nécessaire pour reprendre des négociations d’adhésion.
Nous reconnaissons également le rôle essentiel joué par la Turquie dans la région, une Turquie membre de l’OTAN. De par sa position géographique et son poids diplomatique, elle peut contribuer de façon majeure à la stabilité régionale et nous saluons également ses efforts de coopération dans le domaine migratoire. Cependant, comme pays candidat à l’Union européenne, nous attendons également de la Turquie un comportement cohérent avec les principes que cela implique: solidarité entre alliés, respect du droit international, soutien à l’indépendance et respect de la souveraineté des États. Nous en sommes loin.
Subsiste un message simple: la porte n’est pas fermée, mais réengager le processus d’adhésion exige le respect des principes sur lesquels notre Union est bâtie. »