Strasbourg – 2 avril 2025

« Madame la Présidente, l’Union européenne est fondée sur des valeurs essentielles: le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’état de droit et le respect des droits de l’homme. Ces principes sont non seulement inscrits dans nos traités, mais ils sont également le fondement de notre cohésion et de notre identité en tant qu’Union. Ce Parlement, maison de la démocratie européenne, veut donner une voix à ceux qui ont été réduits au silence, à ceux dont la vie est menacée simplement parce qu’ils défendent ce qui est juste.

Les droits de l’homme sont universels et indivisibles, et il est de la responsabilité de ce Parlement de condamner fermement toutes leurs violations. Aujourd’hui, il est plus que jamais urgent de rappeler ce principe fondamental. Malheureusement, ces violations, qui traduisent une régression générale des droits de l’homme, sont de plus en plus perceptibles à travers le monde. L’ordre multilatéral, fondé sur des règles, est menacé par des régimes de plus en plus autoritaires. Ce constat n’est pas qu’une inquiétude théorique, il est en effet une réalité quotidienne, et cette menace s’accompagne d’un phénomène tout aussi préoccupant: les guerres hybrides, qui déstabilisent les sociétés par la désinformation et manipulent l’opinion publique, attisant ainsi les tensions et fragilisant nos démocraties.

Dans ce contexte, le combat pour les droits de l’homme, pour la démocratie, la liberté et la justice est plus que jamais une priorité. Ces principes ne sont en aucun cas à prendre pour acquis. La démocratie et la liberté ne doivent jamais, au grand jamais, être considérés comme des acquis. D’ailleurs, les développements mondiaux montrent que, malheureusement, c’est de plus en plus la loi du plus fort, et non celle des lois internationales, qui cherche à s’imposer. Nous ne l’accepterons jamais.

Le rapport que nous présentons aujourd’hui est aussi une réponse collective à cette urgence. Il porte nos valeurs, nos luttes et nos convictions. Il est le fruit de négociations et traduit aussi la volonté commune de défendre, au-delà de nombreux clivages politiques, l’universalité des droits de l’homme et la démocratie. Il vise à souligner l’importance de l’Union européenne en tant qu’actrice mondiale de premier plan et la nécessité d’un consensus dans la gestion des crises liées aux droits de l’homme et de la démocratie.

L’un des défis majeurs que je souhaite souligner est la crise croissante de la responsabilité, celle de l’impunité généralisée pour les violations des droits de l’homme commises dans le monde entier. Les responsables de ces violations doivent rendre des comptes. Il est crucial que l’Union européenne plaide activement pour la justice et la fin de l’impunité. À cet égard, je me félicite que, dans le rapport, nous réaffirmions notre soutien indéfectible à la Cour pénale internationale et à la Cour internationale de justice, qui sont les piliers essentiels d’une justice internationale impartiale et indépendante.

Ensuite, nous le savons, dans notre époque où l’accessibilité et la rapidité d’internet ainsi que la prolifération des réseaux sociaux nous submergent de flux d’informations incessants, il devient de plus en plus difficile de faire le tri dans cette avalanche de données. Aussi le rapport prête-t-il une attention particulière à la protection des droits de l’homme à l’ère des technologies numériques. On y condamne les menaces présentes dans la sphère numérique, telles que la surveillance de masse en ligne et les fermetures d’internet.

Le rapport souligne également la nécessité d’un contrôle, d’une transparence stricte et de mesures de protection appropriées. Il fait en outre état de la détérioration de la liberté de la presse dans le monde et condamne la censure exercée sur les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme, notamment au moyen de lois à l’encontre de prétendus «agents de l’étranger». Les journalistes indépendants sont en première ligne dans la lutte contre la désinformation, qui sape les démocraties. Il est de notre devoir de les protéger, car les protéger eux, c’est garantir l’accès à une information juste pour les citoyens.

En conclusion, nous devons être clairs et déterminés. Le combat pour les droits de l’homme, pour la démocratie et pour la justice doit rester au cœur de nos priorités. Ce rapport, en tant qu’expression de notre engagement collectif, est un appel à l’action, un outil pour affirmer nos valeurs et une occasion de renforcer notre rôle d’acteur mondial dans la défense des droits de l’homme et de la démocratie. Ensemble, nous avons la responsabilité de ne jamais céder face aux forces qui cherchent à affaiblir ces droits qui mettent au centre la dignité humaine. »

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