Strasbourg – 22 octobre 2024
« Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, merci pour vos paroles. Elle s’appelait Victoria Rochtchyna, elle avait 27 ans, elle était journaliste, elle était ukrainienne. Elle a disparu le 3 août, alors qu’elle se trouvait en Russie pour enquêter sur les frappes menées par l’armée russe contre l’Ukraine. Quelque 25 journalistes ukrainiens se trouvent aujourd’hui emprisonnés en Russie. Victoria Rochtchyna était elle aussi enfermée dans une prison russe. Et c’est là qu’elle est décédée.
Les journalistes indépendants à la recherche des faits sont particulièrement haïs des tyrans, car ils sont dangereux pour les régimes qui imposent une vision tronquée, mensongère de la réalité. Les journalistes sont des piliers de la démocratie. Ils éclairent les gens, relatent les faits, démystifient les mensonges et dénoncent la corruption et les abus de pouvoir. Le travail d’information – leur travail d’information – nous est indispensable.
Le gouvernement russe n’hésite pas à emprisonner des journalistes qui ne font que leur métier, honnêtement. D’ailleurs, tout comme d’autres simples civils ukrainiens, eux aussi sont nombreux à avoir disparu dans les geôles russes.
Je ne peux terminer cette intervention sans mentionner tous les enfants ukrainiens déportés en Russie. Il est grand temps que le monde occidental fasse bien plus pour aider l’Ukraine à gagner cette guerre.
Chère famille de Victoria, nous vous présentons nos très sincères condoléances et vous assurons que Victoria ne sera pas oubliée. Nous appelons à ce que les circonstances de son décès soient élucidées. »