10.04.2024 – Strasbourg

« Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, la Hongrie est encore une fois en plénière du Parlement. Oui, encore une fois en plénière du Parlement. Malheureusement, c’est là tout le problème. Le gouvernement hongrois n’accepte pas de voir ses infractions à l’état de droit, n’accepte pas les critiques de l’Union et ne veut pas s’amender.

Les mesures prises le sont manifestement simplement pour jeter de la poudre aux yeux, elles ne sont donc pas efficaces et ne produisent pas les effets attendus. Il en est ainsi pour l’Autorité d’intégrité mise en place par le gouvernement hongrois pour satisfaire les demandes de la Commission. Cette autorité n’a pas les pouvoirs de mener à bien ses missions anticorruption. La Commission doit donc faire très attention aux charges qu’elle impose à la Hongrie dans le domaine de l’état de droit. Il ne suffit absolument pas d’exiger que des moyens soient mis en place. Il ne suffit pas d’exiger des mesures, il faut exiger des résultats. Et c’est aux résultats que la Hongrie doit être mesurée, aussi dans le cas de l’Autorité d’intégrité.

Aussi, mis à part tous les problèmes d’état de droit déjà existants, entre autres de corruption et d’indépendance de la justice, vient s’ajouter aujourd’hui la création d’une Autorité de défense de la souveraineté, qui permet à l’État hongrois d’utiliser une loi dite «anti-influence étrangère» pour bâillonner en fait toute opposition au gouvernement. C’est le cas typique de détournement d’une loi au départ d’inspiration européenne, mais utilisée à la mode «russe» qui, au lieu de protéger les citoyens et la démocratie, est transformée en une loi d’intimidation pour empêcher la société civile, les journalistes et les politiciens d’exprimer leur opposition au pouvoir. La Commission a d’ailleurs très justement lancé une procédure contre la Hongrie suite à la mise en place de cette loi.

Enfin, je voudrais relever que le Conseil n’a pas joué son rôle dans ce qui regarde l’article sept et aussi soulever une nouvelle fois la situation difficile dans laquelle l’Union européenne sera au moment où la Hongrie assumera la présidence de l’Union le 1ᵉʳ juillet, à un moment crucial pour l’Union européenne, au lendemain des élections et au moment de la constitution d’une nouvelle Commission.

Nous avions, dans ce Parlement, demandé au Conseil de prendre ses responsabilités et d’envisager de reporter cette présidence hongroise à un moment ultérieur. Cela n’a pas été fait. Il faut maintenant que les 26 soient particulièrement vigilants. »

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